
Résultats d’une nouvelle étude :
Linda Pentz Gunter
Une équipe de scientifiques qui ont étudié les campagnols des bois se trouvant à moins de 50 km de la centrale nucléaire de Tchernobyl a conclu que les capacités reproductrices de ces mammifères et par conséquent leur population souffrent d’une exposition chronique aux rayons présents dans la région et que ces effets s’observent même quand les doses sont infimes.
L’étude, menée à grande échelle et à plusieurs reprises par Mappes et al. et publiée en avril 2019, « a testé l’hypothèse selon laquelle les mécanismes écologiques interagissent avec les rayonnements ionisants pour affecter de manière inattendue les populations naturelles ». L’équipe a constaté que les campagnols des bois ont montré « des diminutions linéaires du taux de fertilité en fonction de niveaux ambiants croissants de radiation, sans seuil en dessous duquel des effets ne seraient pas observés ».
Le campagnol des bois a été choisi parce que « c’est un vertébré terrestre commun et abondant qui habite les écosystèmes forestiers eurasiens, ce qui en fait une espèce indicatrice intéressante pour la santé des écosystèmes forestiers qui peuvent avoir été déteriorés par des activités anthropiques », écrivent les auteurs.

De jeunes campagnols des bois dans le nid. Plus l’exposition au rayonnement est élevée, plus le taux de fertilité diminue chez les campagnols dans un rayon de 50 km autour de Tchernobyl. Photo : Plantsurfer/WikiCommons.
Lorsque le réacteur de Tchernobyl a explosé le 26 avril 1986, il a libéré des produits de fission en Ukraine, en Russie, en Biélorussie et ailleurs en Europe. Il s’agit notamment du strontium-90, du césium-137 et du plutonium-239, qui ont contaminé l’air, le sol et l’eau. Les retombées radioactives s’accumulent dans les plantes et les animaux, sources de subsistance de la faune. Au moins 90 études publiées par de nombreux membres de l’équipe Mappes ont mis en évidence de graves effets délétères de l’exposition aux rayonnements chez les animaux sauvages de Tchernobyl, en particulier les oiseaux, qui souffrent de cataractes, de tumeurs, d’un taux de spermatozoïdes réduit ou nul et d’une diminution de la taille du cerveau.
La nouvelle étude Mappes est importante parce qu’elle s’inscrit dans un corpus de travaux scientifiques qui réfutent l’idée selon laquelle, simplement parce qu’« il y a beaucoup d’animaux dans la zone de Tchernobyl », ils ne sont pas affectés par l’accident nucléaire. Ces études sur la « faune sauvage prospère » induisent le public en erreur en lui faisant croire que les animaux de la région profitent de l’absence d’humains et qu’ils ne souffrent pas des effets nocifs de leur exposition soutenue aux rayonnements provoqués par la catastrophe nucléaire.
Dans Mappes et al., les chercheurs ont donné des compléments nutritifs à certains groupes de campagnols afin d’écarter la pénurie alimentaire comme cause de la diminution du taux de fertilité et de la population. Mais ils n’ont observé que peu de différence entre les campagnols qui recevaient ces compléments et ceux qui trouvaient leur nourriture tout seuls.
« Les populations bénéficiant des compléments alimentaires n’ont augmenté que dans les zones de faible radiation » (1 μSv/h ou moins), mais ont diminué lorsque les niveaux de radiation étaient plus élevés. Les campagnols qui ne recevaient pas de compléments « ont eu tendance à diminuer linéairement avec l’augmentation des niveaux ambiants de radiation ». Des niveaux plus élevés de rayonnement réduisaient leur nombre, qu’ils aient reçu ou non des compléments alimentaires. « Ainsi, des compléments alimentaires ne peuvent atténuer les effets nocifs d’un environnement contaminé par des radionucléides que jusqu’à un certain point », ont conclu les chercheurs.

La probabilité qu’une femelle de campagnol des bois soit enceinte a diminué de manière significative avec l’augmentation du niveau de rayonnement ambiant. Photo : « Bank Vole » par clairespelling1, sous licence CC BY 2.0.
L’importance d’étudier la réponse des campagnols des bois à l’exposition de rayonnement dans la nature a été renforcée par des résultats récents montrant que, « les organismes vivants dans leur habitat naturel semblent être beaucoup plus sensibles aux effets délétères du rayonnement ionisant » que les animaux exposés et testés dans des conditions de laboratoire. Dans une méta-analyse de Garnier-Laplace et al. en 2013, qui s’est penchée sur « les effets des contaminants radioactifs dérivés de Tchernobyl sur 19 espèces de plantes et d’animaux vivants dans des conditions naturelles », le groupe de chercheurs a constaté que « les organismes sauvages étaient plus de huit fois plus sensibles aux effets négatifs du rayonnement que ces mêmes espèces placées dans des conditions de laboratoire ou de modélisation », écrivent Mappes et al.
L’équipe de recherche a trouvé des impacts significatifs sur la population de campagnols des bois de l’exposition de rayonnement provoquée par l’accident nucléaire de Tchernobyl. « La probabilité qu’une femelle de campagnol des bois soit enceinte a diminué de manière significative avec l’augmentation des niveaux ambiants de rayonnement, » dit l’étude. La taille des femelles n’a pas modifié ces phénomènes. Le nombre de campagnols des bois n’était pas non plus corrélé avec la probabilité de reproduction ou la taille de la portée.
Les saisons n’affectent pas non plus leur nombre. « Les populations estivales et hivernales de campagnols des bois ont diminué de manière significative avec l’augmentation du rayonnement ambiant », constate l’étude.
Les résultats de l’étude appuient fortement le modèle linéaire sans seuil, qui affirme qu’il n’y a pas de dose de rayonnement si faible qu’elle ne cause plus de dommages. Mappes a constaté que « des effets nocifs significatifs de rayonnement sur les populations de campagnol des bois peuvent être observés même à des niveaux très bas de radioactivité ambiante ».

Le campagnol des bois est également une source importante de nourriture pour des hiboux et d’autres animaux sauvages de forêt. Photo : « 049 » de Mike Doss est sous licence CC BY 2.0.
Comment les campagnols sont-ils exposés ? Comme l’étude l’explique, les effets biologiques sur les campagnols « pourraient être causés par l’exposition directe au rayonnement gamma du milieu environnant ou par l’exposition aux particules alpha et bêta accumulées dans les animaux à partir des aliments. Par exemple, les champignons, un composant essentiel du régime alimentaire des campagnols des bois, peuvent être une source énorme de radionucléides émetteurs alpha et bêta. »
Le nombre de campagnols des bois et leur survie ne sont pas seulement importants pour l’espèce elle-même. Les campagnols servent également de proie indispensable à d’autres mammifères et oiseaux, y compris les rapaces comme les hiboux et les buses, les belettes, les renards et autres mammifères prédateurs — c’est donc une espèce-clé. Par conséquent, une réduction artificielle de la population de campagnols des bois due aux impacts négatifs de l’exposition au rayonnement peut commencer à affecter d’autres animaux dans la chaîne alimentaire. Ces animaux sont, bien sûr, probablement aussi affectés par l’exposition aux rayonnements, comme les nombreuses études antérieures l’ont indiqué.
Les conclusions de l’étude devraient être un avertissement fort à ceux qui sont prêts à minimiser ou à rejeter les dommages causés non seulement à la faune sauvage, mais aussi aux humains qui vivent dans des zones encore affectées par des niveaux inacceptables de contamination radioactive, ou qui sont obligés d’y retourner comme c’est le cas à Fukushima.
« Ces résultats suggèrent que les populations de rongeurs et, par conséquent, des écosystèmes entiers ont vraisemblablement été affectés sur environ 200 000 km2 en Europe orientale, septentrionale et même centrale, où les contaminants radioactifs provenant de la catastrophe de Tchernobyl sont encore mesurables dans une grande diversité d’espèces différentes et s’accumulent dans la chaîne alimentaire », selon l’étude Mappes. Ceci a déjà été observé dans des études sur les sangliers en Allemagne et les rennes en Finlande et en Suède, qui sont toujours trop radioactifs pour être consommés.
Comme l’ont conclu les chercheurs, « les études expérimentales présentées ici fournissent des preuves irréfutables que même de très faibles doses (0,1 μSv/h ou moins) peuvent entraîner des conséquences importantes pour les individus, les populations et même vraisemblablement des écosystèmes entiers ».
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Read the full study: https://www.researchgate.net/publication/332369605_Ecological_mechanisms_can_modify_radiation_effects_in_a_key_forest_mammal_of_Chernobyl
And watch a new podcast about Dr. Timothy Mousseau’s more than 50 trips to study animals living around Chernobyl: https://podcasts.apple.com/us/podcast/biologist-timothy-mousseau-cant-stop-going-back-to/id1370092284
Traduction : Fin du nucléaire asbl (www.findunucleaire.be).
La traduction est disponible sur le site de Fin du nucléaire asbl en PDF, pour imprimer.
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Autres articles similaires sur le site de Fin du nucléaire asbl :
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By Kate Brown
More than three decades ago, a reactor at the Chernobyl Nuclear Power Plant in the Ukrainian republic of the Soviet Union exploded. A fierce fire burned for the following two weeks, sending columns of radioactive gases and particles across the European landscape and beyond. The accident is an enduring subject of fascination – HBO recently adapted the event into a hit miniseries, and the site is a popular tourist destination – leading to conjecture and misconception.
It resulted in only a few fatalities and casualties
For the past three decades, official reports of casualties and deaths from the Chernobyl accident have been surprisingly modest. Two people died immediately. Twenty-nine died in hospitals, and much later, 15 children died of Chernobyl-induced thyroid cancers.
These numbers have been repeated in recent articles in Newsweek and LiveScience.
Estimates of Chernobyl’s future health effects are also low: In 2006, researchers at the U.N. International Agency for Research on Cancer estimated that Chernobyl-induced cancers by 2065 will total 41,000, compared with several hundred million other cancers from other causes. Forbes even claimed that “only the fear of radiation killed anyone outside the immediate area,” by elevating rates of alcoholism and depression.

Photos of Chernobyl liquidators displayed at a 2010 Independent WHO protest in Paris, France. (WikiCommons)
The actual numbers may be far higher. Unfortunately, Belarus (where 70 percent of Chernobyl fallout landed), Russia and Ukraine have no public tallies of Chernobyl-related fatalities to update the count. But other state data gives us a rough sense of the number of people affected by the disaster over time.
In January 2016, for example, the Ukrainian government said 1,961,904 people in Ukraine were officially victims of the Chernobyl disaster. Ukraine also pays compensation to 35,000 people whose spouses died from Chernobyl-related health problems. These figures do not count Russia or Belarus, where estimates of cancers and fatalities are in the hundreds of thousands.
της Kate Brown

Φωτογραφίες των εκκαθαριστών που επιδείχθηκαν το 2010 σε ανεξάρτητη διαδήλωση WHO στο Παρίσι, France. (WikiCommons)

Ουαλλοί κτηνοτρόφοι και τα κοπάδια τους επηρεάστηκαν από τη ραδιενέργεια του Chernobyl επί δεκαετίες. (Photo: Rachel Davies, 2011, WikiCommons)

Great tits κοντά στο Chernobyl — στ αριστερά φυσιολογικό, στα δεξιά με καρκίνο προσώπου.

Οι αμερικανικές και σοβιετικές πυρηνικές δοκιμές απελευθέρωσαν 20 δισεκατομμύρια curies ραδιενεργού Ιωδίου από το 1945 μέχρι το 1962. (Photo: Castle Romeo, US Department of Energy)

Μέσα σε 36 ώρες από την πυρηνική καταστροφή , οι σοβιετικές αρχές μετακίνησαν 50,000 κατοίκους της πόλης Pripyat. (Photo: Jose Franganillo/Creative Commons)
By Jessica Urwin
In late April, the Australian federal government approved the Yeelirrie uraniam mine in Western Australia in the face of vigorous protest from traditional owners.
This Canadian-owned uranium mine is the newest instalment in Australia’s long tradition of ignoring the dignity and welfare of Aboriginal communities in the pursuit of nuclear fuel.
For decades, Australia’s desert regions have experienced uranium prospecting, mining, waste dumping and nuclear weapons testing. Settler-colonial perceptions that these lands were “uninhabited” led to widespread environmental degradation at the hands of the nuclear industry.
Read more:
It’s not worth wiping out a species for the Yeelirrie uranium mine
As early as 1906, South Australia’s Radium Hill was mined for radium. Amateur prospectors mined haphazardly, damaging Ngadjuri and Wilyakali lands. And an estimated 100,000 tonnes of toxic mine residue (tailings) remain at Radium Hill with the potential to leach radioactive material into the environment.
Uranium mines across Australia have similar legacies, with decades of activism from the Mirarr people against the Ranger and Jabiluka mine sites in Kakadu National Park.
By Jacqueline Cabasso
On July 1, at the close of its 87thAnnual Meeting, the United States Conference of Mayors (USCM), unanimously adopted a bold new resolution, “Calling on All Presidential Candidates to Make Known Their Positions on Nuclear Weapons and to Pledge U.S. Global Leadership in Preventing Nuclear War, Returning to Diplomacy, and Negotiating the Elimination of Nuclear Weapons”. The resolution calls on “all Presidential candidates of all political parties” to make these “priority issues in the 2020 Presidential campaign”.
The call comes at a time when the growing dangers of nuclear war have received little attention on the Presidential candidate debate stage or on the campaign trail. Citing the dangers of nuclear war and climate change as “twin existential threats,” in a July 6 op-ed, Dr. Ira Helfand of ICAN and IPPNW declared: “The enormity and imminence of these twin existential threats cannot be overstated and how to confront them must be the central issue of any presidential campaign.”
The USCM resolution quotes Renata Dwan, Director of the United Nations Institute for Disarmament Research, who “has declared that the risk of nuclear weapons being used again is at its highest since World War II, calling it an ‘urgent’ issue that the world should take more seriously”, and notes that according to the Congressional Budget Office, “U.S. spending for nuclear warheads, delivery systems and supporting infrastructure over the 2019 – 2028 period is projected to cost $494 billion, for an average of nearly $50 billion a year”.
In remarks to a plenary session of the USCM annual meeting on Sunday, June 30, Hiroshima Mayor Kazumi Matsui, President of Mayors for Peace, declared: “As mayors, you are working every day for the wellbeing of your citizens, but all your efforts could be for naught if nuclear weapons are used again. I would also like to point out that, while every one of the nuclear-armed states is spending billions of dollars to modernize and upgrade their arsenals, that money could be much more productively spent to meet the needs of cities and the people who live in them.”
Warning that “the U.S. announcement, followed by Russia’s, of their intention to withdraw from the Intermediate-Range Nuclear Forces (INF) Treaty effective in August 2019 are signs of deepening crisis among the nuclear-armed states,” the resolution “calls on all Presidential candidates to pledge their support for the joint 1985 declaration by U.S. President Ronald Reagan and Soviet President Mikhail Gorbachev, that ‘a nuclear war can never be won and must never be fought,’ as urged by United Nations Secretary-General António Guterres”.
By Carmen Grau
Where were you and what were you doing on that fateful day, 11 March 2011?
Eight years have gone by, and the then six to eight-year-old children are now high school students who use theatre as a channel for self-expression. Through their performance, they attempt to tell the story of their home towns and cities. It is also a way for them to assimilate the experience that changed the face of an entire region.
Still Life is the name of the play performed by six girls and six boys from the Futaba Future public high school in Fukushima. Aged between 15 and 17, the parts they play are based on their own life experiences. They tell the story of what the children went through, laying bare the complex web of emotions they have been caught in till this day. It is a tangled tale of love, childhood and suicide, seen through the unadulterated eyes of young people, who were just small children when the triple disaster struck. They are the youngest and will therefore be the last generation to keep a memory of those tragic events. And it is important for them to be able to share it.
The brown colour of the sea. A uniform left behind when a school was hastily closed down following the radiation alert. A teddy bear with a broken heart and the incessant ringing of a telephone searching for missing grandparents. Lampposts swaying dangerously on a hill, while children huddle together, remembering the adults’ instructions not to be left on their own. Innocently playing in a classroom with the water and sand spilt by the earthquake and cleaning it all up before heading for safety. Sleeping in the car with all the family when not a space was left in the sports centre. Memories of an earthquake, a tsunami, of radioactivity and the fear surrounding the decontamination process.